jeudi 12 septembre 2002

Recueil_de_textes

Je suis croyant !!
Aaaaaah, on s'est fait plaisir hier !! On est allé passer l'après-midi chez Dieu, à Bâle. Oui, Dieu est Bâlois, personne n'est parfait.

Il faut bien dire que cette messe était nulle et géniale en même temps. Nulle parce que l'ouverture de cette cérémonie s'est faite par un match en double. C'est zéro le double chez les pros, quoi que spectaculaire quand même, par moments. Et sympathique aussi, surtout contre le TC Chermignon-Dessus, en relégation de 2ème ligue, mais moins spectaculaire, du coup, enfin bref... Le double a été complètement plié 6-1 6-1 par les jumeaux amerloques. Purée, ils sont trop forts les gulus, ils ont raté une seule volée de tout le match, pile comme moi. 50 minutes de promenade. Le meilleur moment de foi partagée et de dévotion aux mystères et merveilles de la création, c'était sûrement la remise du trophée par Xania Tchoumitcheva. Quelle ferveur (surtout masculine) pour la diablesse.

Le temps de s'enfiler un hamburger sauce barbecue et un paquet de Läckerli, non consacrés, et voici que Dieu entrait enfin dans le sanctuaire. Cathédrale comble. Et voilà que Roger Federer (c'est le nom de Dieu, ou Rodge pour les zintimes... on devait être 9600 à se sentir les zintimes) fait quasiment de même avec le pauvre petit Nieminen. Sage et respectueux, le Finlandais, mais ça n'aura pas suffi pour recevoir la miséricorde de Dieu. Il a vécu l'apocalypse, le pauvre. Un bon petit 6-3 6-4 en 1h tout juste. Sans qu'aucun doute ne s'installe. Pas de foi vascillante. A aucun moment ! Je veux dire c'était aussi clair pour le public, que pour l'arbitre ou les deux joueurs. Dieu seul sait.

Mais bon, par contre c'était hyper touchant de voir Dieu gagner chez lui, devant toute sa famille et ses amis. La mère, le père, la fille, le saint-esprit. Ils lui ont fait une remise des prix vraiment grandiose. Personne n'est sorti du lieu saint avant la fin de la cérémonie. C'était beau ! J'ai pas tout capté les sermons en balois à la fin, mais les gens avaient l'air de trouver ça rigolo, du coup, on a ri aussi pour pas avoir l'air con (et profanes). Et bien entendu, Dieu nous a sorti quelques coups de génie durant la prosession, ça va sans dire. On s'est même demandé s'il n'avait pas volontairement laissé quelques points à son adversaire pour le show, en bon chrétien.

Quoi qu'il en soit, mon bon Dieu, pardonne moi mes smashes dans le filet, mes coups droits dans les bâches et mes double fautes. Ne me juge pas pour mes lancers de raquettes.
A toi, pour des siècles et des siècles.

Le Disciple

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Lavaux : 10 sur 10 !
(juillet 2007)

Il y a des lieux qu’on associe à des périodes de sa vie. Pour diverses raisons. Durant mes cinq années d’études, des obligations associatives m’ont si fréquemment ramené vers mon Valais natal, rarement à contrecœur j’en conviens, que le parcours ferroviaire reliant Fribourg à Lausanne n’avait plus de secret pour moi.

Sur ce trajet maintes fois emprunté, mais jamais rendu, Lavaux s’invite comme l’entracte salvateur dans un film ennuyeux, comme le gong de la récréation dans une leçon assommante. En partant de Fribourg, l’effet n’en est que décuplé. Un premier tunnel que l’on traverse, mais qui ne s’ouvre sur aucune vue, puis un deuxième, un peu plus court, qui débouche sur le grand vide et force le passager à tourner la tête vers la gauche s’il est assis dans le sens de la marche et vers la droite s’il regarde vers le passé.

Lavaux c’est le clou du spectacle, c’est la gifle qui secoue le voyageur somnolant. A tel point que nous nous amusions – ceux que j’appellerai mes camarades du train et moi – à mettre une note sur 10 au paysage de l’instant. Ciel de fin d’automne, mais palette monotone des feuilles de vigne déjà délavées par les premiers gels : 5 sur 10. Les terrasses surplombées par une voûte noire piquée çà et là de faisceaux lumineux : 8 sur 10. Tu donnerais 9 sur 10 ? Allez… 9 !

Si l’on se place quelques centimètres en retrait de la vitre et que l’on regarde le lac en contrebas avec les montagnes en face, les rails disparaissent de la vue et on arrive sans peine à se convaincre que pour le prix d’un billet de train, on fait un petit tour en avion. Tout ceci pour dire que voir aujourd’hui le nom de Lavaux inscrit au prestigieux Patrimoine mondial d’une humanité reconnaissante des merveilles qui ont été placées entre son lieu d’étude et sa pachamama me paraît d’une logique implacable et pour ainsi dire infaillible. Je donne 10 sur 10.



Steve McQueen, un voyageur




Le Lavaux - Photo de Jean Jeker (Je sais bien que je n'ai pas du tout les droits... mais... bon...)

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Week-end à Roland Garros (juin 2007)


Samedi :

Court n°7 (1'500 places) : Schnyder-Knapp pour commencer. Match de niveau moyen, voire médiocre, mais plutôt serré, tendu et donc intéressant. Une bonne mise en bouche quoiqu'il en soit. Terrrasse d'où on peut voir en même temps les courts n° 2 et 3 (2'000 places chacun) : on s'est farci 1h45 de queue pour y accéder car les organisateurs vendent les places à double le week-end. Trop de monde, une horreur. Quelques doubles (défaite de ce guignol d'Allegro, victoire de Monfils et son pote Ouanna contre Bracciali et un Ljubicic résolument démotivé, Rochus, Vliegen, Llodra, Bammer...). Puis sont apparues les incroyables jambes d'Hantuchova (contre Guarrigues), tellement longues qu'elles touchent par terre. Cette fille fait 1m80 pour environ 1m40 de jambes je pense.

Et finalement Verdasco-Ferrer, splendide match de soirée, le tout dernier de ce samedi et donc très prisé, entre deux spécialistes de terre battue, nous étions au premier rang, à un bras de distance des joueurs. Ferrer qui pète un cable, fracasse une chaise, explose deux raquettes, déchire son t-shirt, ramasse deux avertissements... Verdasco plus solide mentalement (ou moins dérangé) qui gagne en quatre sets. Soirée pépère, comme des vieux, chez ma chère tante, puisque le soleil et la foule nous avaient littéralement tannés.

DIMANCHE :

Court n°1 (3'500 places) : Les fesses bien galbées de Vaidisova, dans un shorty à tomber à la renverse. Elle a pulvérisé Garbin. Re-mise en bouche tranquille du matin. Pour ce court n°1, nous avions nos places numérotées, ce qui permet d'aller chercher des bières de manière plus tranquille. On a vraiment fait que ça toute la journée d'ailleurs, il fait chaud à Roland. Le gag c'est que Federer allait commencer son match sur le central auquel nous n'avions pas accès... Faut être gonflés. Et nous voilà trois bons petits suisses qui la jouent pleurnicharde devant les ouvreurs du stade. Ces derniers : - " Les mecs, il y a pas moyen d'entrer, désolé... enfin...peut-être que si... ils sont cools vos t-shirts rouges à croix blanche (achetés 3.90.-), on les trouve pas ici. Si vous nous les donnez après le match, on vous laisse passer."

4 minutes plus tard, Court Central Philippe Chatrier (15'000 places) : Rodgeur Federer atomise lentement mais sûrement le pauvre Youzhny. On était placés tout en haut, avec une vue imprenable donc, pas forcément idéale pour sentir la vitesse de balle et les trajectoires. Qu'importe. On va pas faire les difficiles. Vous l'avez sûrement vu à la télé ce match, no comment donc.

Court n°1 (3'500 places toujours, ça a pas changé) : Les fesses bien galbées d'Ivanovic (ça a pas changé non plus) dans un shorty rose bonbon au début, puis fuchsia avec la sueur, je vous passe les détails, à tomber à la renverse. Public espagnol déchaîné en face pour soutenir Guarrigues qui a fini par craquer. Chouette match. Retour au court central pour donner les t-shirt comme promis à nos amis ouvreurs. Appréciant notre honnêteté, ils nous ont donc pris par la main pour nous guider dans des loges au premier rang, à 130 euros la place. Match gratuit, donc, pour voir ce psyché de Davydenko (qui joue pourtant pour l'argent) battre Nalbandian. Pour nous c'était évident que Schnyder ne pèserait pas lourd contre Sharapova sur le Lenglen. Premier set pour Schnyer, 6-4 !? "Les mecs,on tente le coup??"

Court Suzanne Lenglen après avoir payé des bières à d'autres ouvreurs pour y accéder (10'000 places) : une demi heure plus tard, faut être gonflés, c'est depuis des loges à 2 m de la chaise d'arbitre qu'on assiste à cette fin de match complètement dingue entre Patty et miss univers. Mon pote avec sa casquette rouge et son t-shirt suisse (il l'a gardé finalement) qui encourage Sharapova à tout rompre. Les gens autour comprenaient mal. Quel volume vocal, cette fille ! Et surtout, quelle aura !! Tout se fixe autour d'elle quand elle joue. Avec les jeux de lumière sur un Lenglen avant la pluie, c'était juste magique.

Soirée d'ivrognes au fin fond des bars de Pigalle. 130 euros de boissons délicatement alcoolisées (nos économies réalisées pour accéder au court central y sont passées). Rentrée en taxi à 5h30. Grosses vautrées dans la rue, combat de catch improvisé, escalade du portail de chez ma tante dans notre totale incapacité à l'ouvrir avec une clé. Ronflements d'ivrogne, réveil pénible. Presque tout oublié de ces deux jours de tennis, de ces volées millimétrées, de ces smashes de revers, de ces bars surchauffés.... Presque !


Alberto berasategui, un mordu




Mes potes, en totale concentration
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Top Spin et Pro Evolution Soccer (mars 2007)


Donc pour situer, Petra (nom fictif) c'est notre nouvelle colocataire, depuis février. Et puis la maman de Petra elle a fricotté avec un nouveau type (donc pas le papa de Petra) qui lui a fait un bébé (je sais pas bien comment on fait) que Petra a gardé parfois l'après-midi, chez nous. Les bébés ça pue un peu, pas trop. Et puis surtout ça chiale un max. Et fort.


Bon, et puis c'est pas tout. Parce que le monsieur qui a fait un bébé à la maman de Petra, il était agent de sécurité. Mais suite à un petit dérapage, le tribunal cantonal a décidé de mettre notre société elle-même en sécurité, c'est à dire qu'elle a mis le monsieur qui a fait un bébé à la maman de Petra en prison. En tôle quoi :-(


Et puis en fait, avant, le monsieur qui a fait un bébé à la maman de Petra, il avait un employeur lorsqu'il était agent de sécurité (avant d'aller en prison). Mais cet employeur du monsieur qui a fait un bébé à la maman de Petra, il a été chassé de chez lui par sa femme parce que leurs comportements n'entraient pas dans une adéquation résolument complète de ce dont une femme (et un bébé, là aussi) peuvent rêver afin de parfaire leur épanouissement. Mais l'entrepreneur qui employait le monsieur qui a fait unbébé à la maman de Petra (vous suivez??) il a pas eu le temps de prendre ses affaires quand sa femme l'a poussé dehors. Donc, Petra lui a proposé, et ça me paraît d'une logique implacable... de dormir sur le canapé de notre salon. Ce qu'il fait d'ailleurs depuis quatre nuits.Il y a pas à dire, il est gentil l'entrepreneur qui employait le monsieur qui a fait un bébé à la maman de Petra (copier-coller), et surtout il progresse à une vitesse qui inspire le respect à Top Spin et Pro Evolution Soccer sur Playstation. Ca, il y a pas de doute.


Bien cordialement,


Pierre (l'Abbé, de son prénom)



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« Je trouve que la télévision est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce d'à côté, et je lis"


de Groucho Marx, des Marx Brothers cité dans Halliwell's Filmgoer's Companion


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Culture, littérature et télévision (février 2007) Lettre à Groucho Marx, en réponse à la citation ci-dessus


Cher Groucho,


Faut-il qu’elle diffuse cinq heures de Bartók ou l’exégèse de l’œuvre de Schopenhauer pour dire de la télévision qu’elle instruit ? Dans l’idée de développer ta boutade, promue citation du mois, on peut légitimement se poser la question.

Pour commencer, il est bon de rappeler que tes « Brothers » et toi devez une part non négligeable de votre succès à la diffusion de vos films sur le petit écran. Tu ne renies certainement pas tes sources, toi qui as également été présentateur d’émissions de télévision. La phrase dont tu es l’auteur semble bien à interpréter sous le couvert de l’humour, mais elle n’en dénote pas moins une certaine aversion de la petite lucarne.

Je l’admets, cette dernière qui fut à ses débuts une balise aveuglante, posée en évidence dans le salon du nouveau riche telle la dépouille du marasme économique vaincu, a été dépossédée de son allant de trophée. Le succès rencontré lors des premières années qui suivirent sa commercialisation fait place désormais dans de nombreuses sphères sociales à une logique d’utilisation bien différente. Certains programmes navrants, diffusés – tout du moins sur les chaînes populaires et dans les créneaux-horaires de grande audience, qui précèdent et suivent par exemple le télé-journal – entraînent dans leur sillage une multitude de remarques négatives, comme autant de casseroles retentissantes. Mon cher Groucho, tu t’insurges peut-être aussi contre ce télé-journal, puisqu’on en parle, que tu peux éventuellement trouver gonflé à bloc de reportages à sensations et de révélations invitant plus à créer la psychose qu’à informer le citoyen.

Mais tu dois te dire que l’on peut s’escrimer à trouver des vertus à l’univers de la télévision et discuter de la place que la culture y tient. Les hautes instances de notre pays veulent encourager la télévision à augmenter encore cette part, l’inciter à se montrer didactique, à fidéliser son public autour d’émissions culturelles diffusées à des heures d’audience élevée et à un rythme régulier. Ceci puisqu’ils veulent croire en un petit écran capable d’éduquer, d’instruire, de cultiver, à l’instar de ce que font les livres.

A mille lieues de vouloir dénigrer la musique populaire, les fanfares et les cortèges, il faut cependant souligner que c’est parfois sous cette forme que la culture se manifeste aux heures "de pointe" et grâce à ce type de prestations que sa part atteint laborieusement 14%. Le téléspectateur doit souvent se coucher tard s’il souhaite s’en remettre à Bartók ou Schopenhauer, même s’il faut signaler que l’alternative existe. Finalement, s’il est vrai qu’il appartient à l’Etat de valoriser la culture et qu’elle dépend du citoyen lambda qui jette ou non son dévolu sur elle, il est rassurant de constater que la télévision peut en offrir également un bouquet, mais surtout que ce dernier peut encore s’épanouir.

Et aussi évident que cela puisse paraître, il faut rappeler que la petite lucarne ne construit ou ne ramollit qu’en fonction du choix des programmes et de l’usage de la télécommande faits par l’individu concerné. Ce qui me permet de conclure en répondant ainsi à ta citation, mon cher Groucho : « Va-t-en lire dans la pièce d’à côté, soit ! Mais comme lecture, à tout hasard, prends le programme de télévision avec toi, si tu venais à changer d’avis… »


Pierre Bellemare, un a
mi




Groucho Marx

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It began in Africa (septembre 2005)


bon c'est promis apres ca j'arrete de vous casser les pieds avec mes emails. de toute facon on rentre tout bientot. on loge dans une ecole d'agriculture a porto novo et on rencontre ainsi pas mal de monde : quelques beninois qui nous montrent deux ou trois trucs, mais culturellement c'est tres tres tres pauvre, il faut l'admettre. et quelques blancs, rarement, qui nous font bien comprendre que les yovos ne sont pas forcement les bienvenus ici en general. les gens ne souhaitent pas du tout integrer les touristes on a l'impression, mais seulement en tirer un profit immediat et aussi gros que possible... c'est dur a accepter pour nous qui essayons d'aller a leur renconte. des desillusions a la pelle.

enfin brefon a quand meme pu voir deux lions aujourd'hui je suis trop trop content meme si c'etait dans un parc minuscule. j'ai du faire tout seul l'aller retour sur cotonou parce que ce n'est pas possible de changer des travellers dans la capitale administrative du Benin, Porto Novo. tu hallucines. et pourtant je suis meme alle causer avec le pdg dans son bureau ! allez, on va profiter encore un peu des jolis aspects des villes (des marches de folies, des rues bondees de gens habilles de toute les couleurs qui courent dans tous les sens et des senteurs quon a pas du tout chez nous, au milieu des gaz d'echappement)

on vous revoit tres bientot et on vous salue bien bas

Dr Livingstone, le roi du pétrole




Porteuses amères
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Ambiance de la brousse (août 2005)


Nos petites folies continuent... Nous avons pu visiter l'hopital de Tanguieta tout au nord du pays, parce qu'on a sympathise avec deux infirmieres. En pediatrie, deux enfants meurent chaque jour en moyenne...dure dure lecon. Nous n'avons pas eu la possibilite de nous rendre dans les parcs nationaux pour voir les elephants et les lions etant donne que c'est le deluge constant ici, les pistes sont foutues et les herbes sont trop hautes. Dommage c'est une fois dans une vie. Mais de toute maniere c'est le truc tres touristique qui douille a fond a fond.

Au sud du pays les saisons sont differentes et la meteo sera a nouveau plus clemente. Enfin on espere. Les transports nous sortent toujours par les oreilles et il n'y a aucune alternative. La seule compagnie de bus du pays a rendu l'ame il y a quelques mois. On continue a s'entasser dans des taxis-brousse (on a battu notre reccord pourtant deja eleve) et c'est a chaque fois tres inquietant. On arrive toujours completement epuises et sur les nerfs. En tous les cas c'est genial de vivre tout ca a deux. Une belle epreuve, sans deconner. Et je crois qu'on passe bien le test pour l'instant.

On va redescendre sur Parakou, puis Porto-Novo et Cotonou d'ici quelques jours. En effet on a avance notre vol retour pour la Suisse d'une semaine exactement, normalement ca devrait jouer. Allez les cocos, je vous laisse en paix.

On se fait une bouffe ? Parce que le poulet avec du riz (c'est deja pas mal) en fait, ca me sort par les oreilles. Ciao tutti.


Yannick Noah, un chanteur




Barques de pêcheurs sur le Golfe de Guinée

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Niouses du Bénin (août 2005)


oula internet pas evident du tout ici. on a eu des moments tres forts dans un petit village de cases au milieu de nulle part, recus chez des gens adorables. on est plutot bien loges la nourriture est tres bonne en general, assez varies aussi, et les gens sont gentils avec nous. tous les gamins courent vers nous dans les villages en criant yovo yovo (les blancs) car ils n'en ont jamais vu de leur vie.


on a propose a un jeune beninois tres cool qu'on a rencontre a ouidah de nous accompagner deux jours et ce fut une chouette experience. les transports c'est l'horreur pure et simple on risque notre peau a chaque fois et ca pue le gazoil a un point pas croyable. on nous entasse a huit ou neuf dans une voiture sans frein et sans direction et les chauffeurs sont hyper agressifs avec nous.


le marchandage partout c'est pas simple non plus mais on s'en sort. on a par contre de beaux paysages et on va essayer de monter voir les grands parcs au nord malgre les grosses pluies annoncees. au moins on est en toute bonne sante c'est etonnant et comme on s'entend super bien les deux malgre les difficultes c'est deja ca.


a bientot pour d'autres nouvelles de ce voyage pas facile du tout du tout. on vous embrasse les cocos et specialement les deux gulus qui fetent leurs annis


Gérard Jugnot, Un coupeur de routes





Match de foot

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Norvège II (septembre 2003)


En accord avec mes partenaires : le guide du Routard, legui de Michelin, le magazine 30 millions d'amis et les soupes en sachet Knor, voici le nouveau volet de mes aventures au pays des elans et des moustiques. Une fois le dos tourne a la ville de Bergen et ses petites ruelles zigzaguantes, je me suis dirige vers Andalsnes, pour organiser depuis la, un certain nombre de randonnees. L'une d'entre elles, pour laquelle je fus accompagne de trois jeunes italiens (parlant l'anglais avec les mains, evidentemente) m'a conduit sur les sommets du Geirangerfjord. Une vue plongeante dans ce decolte vertigineux, que la mer porte, il faut le dire, plutot fierement. Et ce juste au moment ou le soleil percait a travers une epaisse couche de nuages, laissant filtrer des rayons accentuant encore la perspective charmeuse de ce balcon bien garni. Vinrent ensuite Alesund, ville sans grand interet, si ce n'est peut-etre qu'elle s'allonge sur des ilots en file indienne, puis Trondheim, troisieme ville du pays avec son atmosphere decontractee ou sa puissante cathedrale gothique.


Finalement, Bodo et son gigantesque musee de l'aviation, qui ne fut qu'un simple transit pour moi. Un transit pour une terre superbe et absolument irreelle : les iles Lofoten. J'y ai loge quatre jours, dans un Rorbur; une cabane de pecheur laissee aux touristes en dehors de la saison de la peche. Partout autour de soi, c'est le violent contraste, parfois quasiment abjecte, de ces falaises noires, de ces pics aceres qui surgissent de la mer et de cette derniere, turquoise, azur, agate ou saphir en fonction des eclairages. Ceci grace a une fine couche de sable sur le fond et a une purete legendaire il parait. Ajoutez de minuscules villages de huttes multicolores bravant les elements dechaines, des habitants vivants au jour le jour (pourtant occidentaux !) et les randonnees hallucinantes que je me suis faites.

Ouais ca fait des souvenirs pour toute une vie. Quitter les Lofoten ne se fait pas sans regrets, on dit. A plus forte raison que mon voyage me reserve, certes, encore des surprises, mais sent deja un peu la fin... Malgre les hurlements de mon porte-monnaie, je me dirige vers Lillehammer. Une des derniers villes sur mon retour, sauf si je m'arrete a Lund pour revoir la gentille suedoise qui m'avait propose de me loger. Enfin... je ne pourrais pas tout voir de ce pays... Ce sera pour une autre fois ! En effet, certains vous le diront de l'Argentine, du Perou, de l'Inde, de la Nouvelle-Zelande ou de Cuba, je le dis de la Norvege: je compte bien revenir.

En vous saluant, braves gens, je vous dis a bientot.

Kjetill Andre Aamodt, un Norvégien




Les Lofoten

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Norvège I (août 2003)


Salut les gens,


Apres Stockholm, ses presqu'iles dans tous les sens, ses ponts et ses musees en quantite effarante, ce fut le tour d'Oslo. Le musee Munch (recemment renove) me laisse absolument pantois, une telle emotion se degage de ses oeuvres, j'adore... et je sais que je ne suis pas le seul. Le Frognerpark est, a mon sens, egalement une belle reussite, surtout a la tombee de la nuit quand les statues laissent ces ombres mysterieuses dans les allees. Vraiment fort le bonhomme ! Cette ville est d'une beaute tout simplement desarmante.


Je suis ensuite passe par Myrdal et Flam, pour du camping sauvage, sous de lourdes averses, pour changer. Ce sont deux stations tres touristiques que j'ai rejoint par un splendide trek dans la vallee des cascades, jusqu'au Sognefjord. J'ai debute a sept heures du matin, quand la brume commence a remonter. Et la... c'est comme quand tu as dix ans et que pour la premiere fois ta mere te donne vingt balles pour aller au Luna Park. Des grands huits, des loopings, des montagnes russes, des charivaris et meme un train fantome. Sauf que c'est Dame Nature qui a tout fait. Une belle baston entre l'eau et les rochers, chacun a son mot a dire. Et puis... si on sait que la riviere ne gagne que quelques centimetres en cent ans. Ca laisse imaginer le travail que ca represente, quand on voit les falaises et les gorges creusees. Felix qui potuit rerum congnoscere causas, comme on dit. Vivement le Geirangerfjord qui s'annonce encore plus marquant.

La, je suis a Bergen, sur la cote ouest de la Norvege. Un beau port et des maisons accrochees aux collines on ne sait trop comment. Je m'en vais en randonnee avec Julien, un brave Liegeois rencontre ici. Ensuite je vais devoir repasser par Oslo pour gagner le Nord. Interail c'est bien pratique, mais les lignes de train sont en araignee autour de la capitale, alors on perd pas mal de temps, mais avec le paysage ca passe plutot vite.


Sur ce, je vous quitte. Pourvu que la meteo me laisse une petite chance d'avoir au moins un jour les pieds secs. J'en demande pas plus, franchement.

Bon, les fjords m'appellent. A bientot pour d'autres news.



Terdje Aakonsen, un Norvégien





Le Geirangerfjord
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Suède (août 2003)


Des nouvelles de mon periple en solitaite de six (ou sept) semaines a travers la fabuleuse Scandinavie. Apres la platitude du Danemark, Odense (ville estudiantine assez calme a mon gout) et Copenhague (tres active mais a laquelle j'ai peu accroche finalement), me voici sur la cote ouest de la Suede. La ville de Lund est une pure merveille, tranquille et accueillante. Goteborg l'hyperactive, la survoltee, n'est pas en reste avec toutes ses animations, ses dizaines de parcs et son festival de musique pop-rock dans les rues. Pas moins de 77 scenes avec acces totalement gratuit, de quoi s'en mettre plein les oreilles. Les groupes locaux The Sounds et The Ark ont particulierement assure. La vie est tres chere par contre, mais on a vite fait de comprendre quels sont les bons plans pour mettre quelques sous de cote. Les auberges de jeunesse sont irreprochables et ma tente tient bon lorsqu'il me faut camper. Tout roule, quoi.


Je m'en vais d'ailleurs entamer trois jours de "sauvage" pres du lac Vattern au centre du pays. Comme le soleil ne m'a pas quitte un instant, je dois dire que je profite. Mon bon sac de 20 kilos me ronge les epaules, mais c'est un peu ma maison portable apres tout. Les autochtones sont froids et quelque peu arrogants au premier abord, mais une fois la carapace percee, le contact est plus facile a etablir et j'ai fait des rencontres tout a fait enrichissantes, dira-t-on si c'est bien la formule. J'ai meme reussi a me faire inviter par une charmante demoiselle pour souper dans sa famille, typiquement suedoise, cela va sans dire. Un coup de bol que j'espere provoquer a nouveau par la suite. Tout le monde parle l'anglais, tellement bien qu'on en aurait des complexes. Ca facilite les choses.


Je me dirigerai ce week-end sur Stockholm. Nos amis britanniques de Muse fredonnent volontiers a qui veut l'entendre le "Stockholm Syndrome" et je m'empresserai de vous dire si c'est contagieux. Ensuite, je passerai d'ici une semaine ou deux, la frontiere norvegienne et rejoindrai le Nord pour ses fameux horizons dechires et ses paysages de reve. Passage au prealable a Oslo et Bergen pour admirer les collections Munch. Tout un programme. En attendant, je vous souhaite tout de bon. A bientot.



Björn Borg, un Suédois





Göteborg


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Frech bat la crème de Gruyère (article paru dans le journal La Gruyère septembre 2002)


extrait :
[...]
Au bout de l’effort


Le parcours, qui comporte notamment un pierrier où le portage devient presque obligatoire, s’est avéré exigeant pour les organismes comme pour les montures. En témoignent l’état de la machine désarticulée et le genou sanguinolent d’Andrea Huser qui s’impose chez les dames. «Je me sentais bien au départ. C’était une course optimale pour moi, malgré cette chute dans la dernière descente. J’ai dû faire les derniers hectomètres à pied.» L’orage tombé samedi soir avait laissé de la boue et des ornières sur les passages de forêt récemment défrichés. Et, dimanche, bien des traces sur les visages tendus des concurrents.

Le VTT et son cadre idyllique

Un agréable petit vent frais et un soleil radieux attendaient les quelque 800 concurrents présents dimanche à Charmey. Avec une vue imprenable sur les Préalpes, les pâturages et le lac de Montsalvens en contre-bas, le parcours de la Gruyère-Bike a de quoi ravir les amoureux des grands espaces verts. De nombreux participants profitent de l’occasion pour se prouver, en fonction de leur âge, qu’ils ont déjà ou encore de bonnes jambes. Même s’il est vrai que les débuts de course peuvent s’apparenter aux embouteillages d’heures de pointe, la boucle vaut le détour. Dès les premières pentes, les plus gros mollets dictent la cadence et allongent la caravane, laissant tout loisir aux populaires distancés d’admirer un paysage d’une rare beauté.

Trouver sa place

Certains ténors de la petite reine appliquent également cette philosophie. C’est le cas de Nicole Mooser qui termine 5e, et meilleure fribourgeoise. La résidente de Corbières, 2e des Alpettes de Vaulruz et 4e d’Hérémence-Grimentz cette année déclare: «L’essentiel est de trouver sa place et son rythme. Ensuite c’est important de profiter de la course. Aujourd’hui, avec ce soleil, c’était absolument splendide. La descente était un vrai régal.» Des paroles sages et avisées qui prouvent, s’il en est besoin, que le plaisir est le meilleur des dopants.


Marco Stanley Fog, un narrateur


Encore ce diable de Paradis